Réaction de la Croatie au rapport anti-corruption de l’Union européenne

Madame la Commissaire,


Transparency International Croatie salue votre initiative, grâce à laquelle a été publié le premier rapport anti-corruption de l’Union européenne. Le rapport –et plus spécifiquement la partie relative à la Croatie- a eu un fort écho dans la société croate.


Lors d’un débat public organisé par la Représentation de la Commission européenne en Croatie nous avons soutenu les recommandations faites par la Commission et profité de cette opportunité pour exprimer nos inquiétudes quant à la situation actuelle. Le Directeur de UKSOK (Bureau pour la prévention de la corruption et du crime organise), Dinko Cvintank, a également exprimé ses inquiétudes et a mis en avant l’importance de mettre un terme à la corruption notamment au niveau local. Nous avons également pris note du discours fait par le Vice-ministre de la Justice, Ivan Crnčec, lors duquel ce dernier a annoncé que le Ministère travaille actuellement sur la mise en place d’une stratégie de lutte contre la corruption pour la période 2014-2017 –ce que nous attendons avec impatience!


Malgré la création d’un cadre légal de lutte contre la corruption par la Croatie préalablement à son entrée dans l’Union européenne, sa mise en œuvre effective demeure lacunaire. L’administration publique croate est très politisée et la corruption érode à la fois les entreprises publiques et les autorités locales. 


La situation est particulièrement difficile pour les lanceurs d’alerte qui jouent un rôle majeur dans la lutte contre la corruption. Transparency International Croatie demande donc instamment aux décideurs politiques d’adopter au plus vite une loi pour la Protection des  Whistleblowers.


De plus, nous pensons que la seule sanction ne suffit pas à  éradiquer la corruption en Croatie. Il est nécessaire que soit ajouté à la sanction des mesures préventives pour éviter la naissance même de la corruption.


Transparency International Croatia appelle donc à l’établissement d’un registre des agents publics à tous les niveaux. Ce registre devrait –à coté des informations sociodémographiques- également contenir des informations sur l’actif de toutes les personnes désignées par un politique ainsi que leur engagement politique.


Nous nous  espérons pouvoir bientôt échanger notre expertise sur la lutte contre la corruption au niveau national et local avec vous.
Le succès de cette entreprise est un prérequis au développement économique de notre pays, Transparency International vous encourage à continuer le monitoring des efforts faits par la Croatie dans la lutte contre la corruption.


Davorka Budimir, Présidente de Transparency International Croatia

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